Mercredi 17 février 2010
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Il y à de ça deux articles, je vous informais de notre attention à Marty (qui m’avait bel et bien annoncé son abandon bloquesque lors d’une soirée, après quelques
verres contenant un breuvage alcoolisé), Mr.Movie et moi d’assister à l’une des séances de Lovely Bones, le drame fantastique de Peter Jackson, au cinéma. L’intention de publier une critique
de ce film rédigée "par mes soins" y était également évoquée...
Il est temps que je tienne ma parole.
Commençons par un court résumé, pour nous mettre dans le bain.
Lovely Bones, c'est l'histoire de Susie Salmon, une jeune fille de 14 ans, issue d'une famille unie, joyeuse, pour qui tout bascule un jour, alors qu'elle s'apprête à rentrer chez elle.
Cette dernière croise, effectivement, le chemin de l'un de ses voisins, qui s'avèrera être son meurtrier. A partir de cet instant elle se retrouve dans un monde perdu entre celui des vivants et le
paradis. De cet endroit, que j'appellerai "l'entre deux" (un terme employé par le petit frère de la jeune Salmon, que je juge adéquat), elle découvre qu'elle peut être spectatrice de ce qui se
passe sur terre ...voire interagir avec certaines personnes. Ainsi, elle suit en même temps que nous l'évolution de ses proches ...ainsi que celle de son assassin, dont les pulsions meurtrières ne
tarderont pas à refaire surface.
Bon, le synopsis, c'est fait. Les choses sérieuses peuvent commencer. Ma critique comportera assurément des spoilers, mais rien qui devrait compromettre le
dénouement, même, de l'histoire (excepté le troisième paragraphe du bloc de texte qui suit). Cela dit, si vous êtes du genre à souhaiter ne rien savoir avant visionnage du film, abstenez vous de la
lire :
D'abord, je tiens à souligner le fait que (contrairement à Mr.Movie) je n’ai pas lu La nostalgie de l’ange d’Alice Sebold, dont le film est l’adaptation. Il me sera, donc, impossible de
faire des parallèles entre les deux oeuvres.
Cet élément ne m’a ni, perturbé à outre mesure au niveau de la compréhension de l'histoire, ni fait déprécier le film. Néanmoins, le livre figure désormais sur ma liste de lectures futures, car
j’aimerais assez éclaircir certains points restés nébuleux.
Je vais en profiter pour mentionner ce qui serait susceptible de constituer à mes yeux, un petit bémol, concernant le film.
Le mobile de l'assassin de Susie, par exemple, demeure encore assez flou pour une personne curieuse comme moi dont l’un des principaux credo est "Au nom de qui ? Au nom de quoi ?". Rien n’est
explicité de ce coté, hormis le fait que ses cibles soient toutes de belles et jeunes demoiselles. Faute de réponse à mes questions, j'ai tenté de mener, moi-même, ma propre enquête. J'ai éludé
l'idée du détraqué sexuel à tendance meurtrière et ai davantage creusé du coté de l’apparence, seule, des victimes en repensant à la chanson Where the wild roses grow, interprétée par Nick Grave et Kylie Minogue, (vous m'excuserez la référence)
relatant la triste destinée d’une jolie femme tuée sous prétexte que "toute belle chose doive mourir".
La fin, m’a, elle aussi, un peu dérangée ...j’ai trouvé la mort de George Harvey (Stanley Tucci) un peu bâclée, facile. Je m’attendais, je crois, à quelque chose d’un peu plus spectaculaire et de
symbolique. Certes, la présence des stalactites sont des récurrences dans "l’entre deux" de Susie et cela nous laisse penser qu’elle est, indirectement, responsable de sa mort. Ainsi, la boucle est
bouclée ...mais je demeure un peu frustrée. Il faut aussi dire j’ai été distraite par l’idée grotesque que la stalactite irait se planter droit dans le crane de cet effroyable voisin. De ce fait,
j’ai ri intérieurement un petit moment et n’ai peut être pas estimée la scène comme il se devait...
Au delà de ces quelques éléments, j'ai passé un très agréable moment dans la mesure ou la plupart de mes sens sont restés en éveil de manière constante.
Les textes sont bien pensés. Les thèmes du deuil et de la mort étant présents, je craignais que le pathos et l'élégie soient trop accentués et laissent place à de longs échanges prévisibles,
bateaux et donc lassants au possible. La demoiselle insensible que je suis avait tort, la narration étant faite par la joyeuse et émouvante Susie, que j'ai aimé dès les cinq premières minutes
(particulièrement grâce à sa surprenante initiative de conduire la voiture de ses parents pour mener son petit frère à l'hôpital, malgré son jeune age), il n'en est rien. Ainsi, seul l'essentiel
est dit, il n'y a pas de paroles superflues.
Sur le plan visuel, j'ai été séduite. On alterne aisément entre les merveilleux paysages sur mesure de "l'entre deux" dans lequel tout est possible et l'environnement sombre, glauque, sale et
dérangeant qui accompagne le personnage George Harvey. On peut à tout moment basculer d'un univers à l'autre et le contraste est saisissant.
On jongle, tout aussi bien, entres différentes émotions. On se sent inévitablement triste face à la mort de Susie et à sa famille endeuillée. Le meurtre d'une jeune fille qui n'aura jamais
l'occasion de découvrir les joies d'une relation amoureuse créer en nous un sentiment d'injustice. D'ailleurs, le personnage de Ray sert uniquement à renforcer cette sensation selon moi. Au delà de
ça, il n'est pas très utile.
A l'inverse, on se surprend à rire durant certains moments, même après la mort de Susie. Je pense à la scène durant laquelle la grand mère tente d'apporter du réconfort chez les Salmon en se
chargeant d'effectuer des taches ménagères pour lesquelles elle n'est absolument pas douée, pour n'en évoquer qu'une.
On espère, surtout. On s'attache à cette famille en proie à la souffrance et on souhaite que l'enquête menée soit concluante pour que tout le monde puisse aller de l'avant : aussi bien Susie (qui
refuse de tirer un trait sur sa vie passée tant que son assassin court toujours), que ses proches, anéantis.
Pour conclure, j'ai sincèrement été transportée par les musiques, les images et ne me suis pas ennuyée un seul instant bien que je redoutais les "longueurs"
évoquées dans certaines critiques que j'avais lues au préalable. Il est vrai qu'une personne attendant de ce film, un soupçon d'action et de suspense sera déçue. Ce dernier relève effectivement
davantage du drame que du thriller et ne nécessitera pas que vous vous cramponniez à votre siège pour encaisser un trop plein d'excitation. Callez vous plutôt confortablement sur ce dernier,
laissez vous guider par la voix de Susie (en vo, de préférence) le temps de la séance et appréciez le film pour ce qu'il est. Le voyage vaut le coup, croyez moi.
Oli, définitivement charmée par Peter Jackson.
Edit : Je flânais sur quelques forums et consultais certains sujets sur Lovely Bones lorsque je me suis rendu compte que je faisais fausse route quant aux motivations
de George Harvey. Visiblement, la première hypothèse, que j'avais, à tort, écarté se trouve être la bonne. J'aurais fait une bien piètre détective...
Par Oli , Mr.Movie
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Publié dans : 7e art
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