Mercredi 16 décembre 2009
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Des fois, il se passe des choses bien à Rouen, pour les geeks que nous sommes. Bien que la ville soit remplie de compères aussi déchainés que nous, et de lieux de culte incontournables (Le
Bazar du Bizarre, Le Melville et ses Absurdes Séances, L'Otaku, entre autres...), elle ne propose jamais réellement de grandes initiatives pour satisfaire notre esprit culturel
affamé.
C'est pour cette raison qu'il nous était impossible, nous, le fameux trio Marty/Oli/Mr.Movie, de passer à côté de l'une des deux Avant-Premières 3D (mais VF) du nouveau film de James Cameron, une
poignée d'heure avant la première séance du jour officiel de sa sortie nationale.
Entourés de connaissances pour la plupart dignes d'être rédacteurs sur ce blog (à notre place, ça pourrait être pratique, tiens !), et accompagnés des certaines réticences de Marty - le pauvre
n'ayant même pas vu Aliens ou True Lies ! - et des bruits de pommes avidement croquées par Oli, nous sommes donc rentrés avec empressement dans la salle du multiplexe avant qu'elle ne
soit noire de monde.
Près d'une demi-heure plus tard, la salle se tût enfin, nous sommes plongés dans le noir face à un écran apparemment tout beau, tout neuf et tout adapté à la Real 3D développée par Big Jim. Et
c'est ainsi que nous partîmes pour un aller simple vers Pandora.
Bien que sa dernière incursion dans le cinéma à grand budget date de 1998, on n'en pouvait plus d'attendre le retour sur les écrans du canadien génial. Jusqu'à lors, tous ses films ont su imprimer
à jamais la rétine de millions de personnes, que ce soit avec ses 2 Terminator, Titanic, ou encore les deux films cités ci-dessus (je ne me prononcerais pas quant à Pirhanas 2
et Abyss, puisque je n'ai pas eu la chance de les voir... M'enfin, je pourrais m'en passer de cette histoire de poissons carnivores et volants).
Mais étrangement, là où on aurait du lui donner notre totale confiance, certains ne pouvaient pas s'empêcher d'avoir une certaine crainte envers ce nouvel exploit hollywoodien, notamment à propos
de l'usage de son budget faramineux (plus de 300 Millions de dollars, record à battre !), mais aussi avec cette question : Qu'est-ce que Cameron va bien pouvoir nous raconter cette-fois, avec ce
sujet aussi casse-gueule ? En effet, il est peu facile désormais de vouloir faire découvrir aux spectateurs un monde inédit et enchanté qui pourrait le toucher au plus profond de son âme, tel un
voyage exotique dans le fond de nos rêves.
C'est mal connaître le cinéaste, qui se donnera toujours les moyens d'aller jusqu'au bout de ses objectifs, comme en témoignaient les efforts numériques de l'impressionnant T-1000 de T2 ou
le naufrage toujours aussi stupéfiant du Titanic. D'ailleurs, là où certains de sa caste de prestige ont parfois du mal à se renouveler (George Lucas, si tu nous lis), Jim parvient toujours
à réutiliser avec brio les éléments de ses précédents métrages pour les améliorer, voire les transcender.
C'est le cas même avec Avatar, oeuvre grandiose qui privilégie la forme a un fond d'apparence simpliste, voire cliché, mais construit avec une grande efficacité. Tout le long du film, on
pense aux éléments clés de ses travaux : comme la puissance d'une rencontre amoureuse insolite, ici nettement plus belle, "crédible" et d ouloureuse que celle de Dicaprio et Winslet en 1998. On pense également aux machines robotiques barbares, évoquant autant les modèles de cyborg de Skynet que les
engins transporteurs dans Aliens, et aussi à Abyss quand à la découverte d'un nouvel univers (si mes très jeunes souvenirs sont bons)... Même True Lies a le droit à sa scène
clin d'oeil.
Pourtant, et c'est là le tour de force principal, c'est que malgré son intrigue pouvant rappeler par moments les titres ci-dessus, mais aussi Pocahantas (!) et Danse avec les loups
(entre autres), Avatar ne ressemble absolument en rien à ce que l'on aie pu voir en terme de Cinéma depuis sa création. C'est en ça que la Révolution annoncée apparait réellement.

L'univers de la planète Pandora, entièrement conçue par Cameron depuis une quinzaine d'années, s'avère d'une richesse visuelle stupéfiante et passionnante, en premier lieu grâce à sa faune et à sa
flore, à la fois féerique et ultra-réaliste. Pourtant, elle ressemble tellement à notre chère planète bleue, et en est si différente en même temps. Le rendu devient tout simplement sublime, et
comme légèrement palpable par la perfection de la projection numérique 3D, malgré une absence d'effets de relief-spectacle. Un univers intrigant où évolue également un bestiaire impressionnant de
"monstres" véloces ou volants tout aussi inventifs et, au final, attachants. Lorsque les deux aspects se mêlent, cela donne des séquences d'une rare poésie (certains diront "fleur bleue"), comme en
témoignent les géniales scènes de vol à dos de "Banshees", où encore le dernier quart d'heure du film, déferlement hallucinant de tout ce que l'on a découvert sur cette planète depuis plus de
deux heures, dans un aboutissement ultra-jouissif comme on en voit rarement.
D'ailleurs, le film vient à peine de sortir que certains y voient déjà de nombreux plagiats, à travers deux films animés : Le Monde Fabuleux de Gaya, passé inaperçu lors de sa sortie en
2002, pour le design de ses personnages; et Delgo, bide de l'année dernière (en même temps ça n'avait pas l'air folichon), pour le design de Pandora. Est accusé également par un livre de
Poul Anderson, "Call me Joe", où un soldat paraplégique prend déjà possession du corps d'une entité extra-terrestre.
Mais cela n'entache pas une seule seconde le voyage formidable auquel nous venons d'assister, le regard rempli d'admiration béate, et la bouche béante. Avatar est un film pour lequel
il faut se laisser emporter par la magie. Un véritable dépaysement pour les yeux, mais aussi une belle histoire d'amour pour le coeur (rôôh que c'est beau, on dirait du Guillaume Musso).
Sam Worthington confirme son statut de star montante dans le rôle de Jake Sully, aux côtés d'une Zoë Saldana (l'héroïne trop mignonne - pour ne pas dire autre chose - de Star Trek) qui
dévoile un jeu puissant et éprouvant dans certaines scènes, formant ainsi avec Jake le couple le plus beau de ses dernières années. D 'ailleurs,
signalons à quel point les avatars numériques des acteurs sont tellement incroyables qu'au final, on en vient à ne plus faire la différence entre réalité et effets spéciaux.. Face à eux, Stephen
Lang assure son rôle de soldat bad guy badass avec honneur au genre, notamment dans une bataille finale ultra jouissive dont je ne dirais rien. Quant à Sigourney "Ripley" Weaver, c'est un grand
plaisir de la revoir à l'écran.
Certains trouveront Avatar trop long et chiant, d'autres trop facile et trop naïf, voire même trop "américain" à leur goût (pourtant, vu le message politique a peine caché du film, ça reste
à voir)... Et d'autres - comme moi- resteront complètement émerveillés devant ce voyage unique dans un autre monde, et dont la durée de 2 heures 48 passe avec merveille.
Bien au contraire, malgré les horreurs perpétrés à la tribu des Na'vis dans le métrage, nous n'avons qu'une seule envie : prolonger ce bon moment, et retourner le voir encore et encore, le vivre et
le sentir à nouveau, tel Jake Sully qui voit en son avatar un échappatoire divin, où il se sent vivre, plongé dans une atmosphère d'une beauté indéniable.
C'est pour cela que depuis plusieurs heures, je vante les mérites du film avec une sincérité et une joie que je ne cesse de comparer avec celle qui accompagnait, lors de mes 5 ans, la découverte de
films cultes comme La Guerre des Etoiles ou Jurassic Park. Et dans ma vie de geek, autant dire tout de suite que ça compte énormément.
23 heures 45 : La salle se vide sur le générique de fin, où la nouvelle Céline Dion beugle le thème du film, "I see you". Les mines sont ravies, tout le monde est content, voire surpris...
Même Marty a ravalé ses sarcasmes et a adoré le film, tandis qu'Oli semble avoir été tout aussi surprise. Tous enchantés par la magie envoûtante de James Cameron. Pourtant, il faut revenir à la
dure réalité : il fait froid et la nuit est sombre, l'air n'est pas aussi frais qu'il n'en a l'air, la terre natale est loin d'être pure. Et inévitablement, on se pose cette question immédiate :
Quand retournerais-je donc là-bas, sur Pandora ?
Mr.Movie, rédacteur sauvage qui danse le funk.
Par Mr.Movie
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Publié dans : 7e art
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Et je suis parfaitement d'accord !
Sur le coup j'ai été un peu déçu, surtout le fait de découvrir que j'avais perdu mon âme d'enfant.
Mais depuis, le film n'arrête pas de grandir en moi, et j'ai qu'une envie, c'est d'y retourner !
Et j'ai adoré.
En même temps, si j'étais venue voir un prix pulizer j'aurais été déçue. Mais comme je n'étais QUE allée au ciné et même pas pour voir un independant estampillé Sundance, j'en ai eu pour mon argent :)